Viol, inceste et grossesses non désirées : Des associations de femmes plaident pour l’avortement médicalisé (Unwanted pregnancy after rape and incest: women’s associations plead for safe abortion)

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Le Soleil, by E Kaly, 18 October 2016

L’autorisation de l’avortement médicalisé en cas de viol et d’inceste est toujours demandée par des organisations de la société civile sénégalaise. L’application de cette mesure permettra aux femmes violées de pouvoir se débarrasser de leur grossesse, sans courir certains risques.
(Legalisation of abortion in cases of rape and incest has long been called for by civil society organisations in Senegal because it would free women from a forced pregnancy without risk.)

L’Association des femmes médecins du Sénégal (Afems), le Réseau « Siggil jigeen » (Rsj), l’Association des juristes sénégalaises (Ajs) et Population Council reposent le débat sur l’accès à l’avortement médicalisé au Sénégal. Ces associations de la société civile, regroupées dans un comité de plaidoyer pour l’avortement sécurisé, ont partagé, samedi dernier, à Dakar, une étude portant sur « l’expérience des femmes victimes de grossesses non désirées à la suite d’un viol ou d’un inceste au Sénégal ».
(The Association of Women Doctors, the Network « Siggil jigeen », the Association of Senegalese Women Jurists and the Population Council have formed a coalition and reactivated this campaign to advocate for access to safe abortion in Senegal following rape and incest. On 15 October, in Dakar, they shared the findings of a 2015 study on this issue.)

En présentant les résultats de cette étude, Mme Nafissatou Diop de Population council a révélé qu’en 2010 environ 3,6 % des décès maternels étaient liés à un avortement clandestin ou à risque fait de manière traditionnelle ou par un prestataire non qualifié. Une autre étude réalisée à Dakar du 15 juin au 30 août 2015 a montré que 51.500 avortements provoqués ont été enregistrés. Suffisant pour que les associations en question demandent la légalisation de l’avortement médicalisé.
(In presenting this study, Mme Nafissatou Diop of the Population Council said that in 2010 about 3.6% of reported maternal deaths were due to unsafe and clandestine abortions. A more recent study in Dakar, however, from 15 June to 30 August 2015, had found that 51,500 induced abortions had been recorded.)

Pour le Dr Seynabou Bâ Diakhaté, ancienne présidente de l’Afems, par ailleurs conseiller technique au ministère de la Santé, malgré l’interdiction, les femmes continuent d’effectuer des avortements clandestins. « Notre plaidoyer est que les femmes victimes de viol et d’inceste et portant des grossesses non désirées puissent accéder à l’avortement sécurisé, c’est-à-dire médicalisé », a-t-elle explicité. Si non, ces femmes risquent une double peine : vivre avec le handicap du viol, être emprisonnées pour avoir effectué un avortement clandestin ou mis fin à la vie d’un enfant, a regretté Mme Diakhaté.
(For Dr Seynabou Bâ Diakhaté, former President of Afems, and technical adviser to the Ministry of Health, despite the prohibition, women continue to have clandestine abortions: “Our plea is that women victims of rape and incest with unwanted pregnancies can access safe abortions. If not, these women risk double punishment: to live with the consequences of the rape and to risk imprisonment for having had a clandestine abortion or putting an end to the child’s life.)

De l’avis de Hawa Dia Thiam, députée à l’Assemblée nationale, le Sénégal a ratifié le protocole de Maputo qui autorise l’avortement médicalisé en cas de viol et d’inceste. Selon elle, les conventions internationales prennent le dessus sur les lois nationales. Malheureusement, notre pays n’applique pas toujours la loi sur l’avortement médicalisé….
(In the opinion of Hawa Dia Thiam, Member of the National Assembly, because Senegal has ratified the Maputo Protocol, which allows safe abortion in cases of rape and incest, this convention should take precedence over national law. Unfortunately, Senegal does not always apply this in relation to safe abortion….)